La Belgique se lance dans l’économie circulaire Jean-Christophe Delhaye

https://youtu.be/0myacaVe8Gg

Notre économie linéaire reposant sur le schéma extraire-fabriquer-jeter est aujourd’hui soumis à la double pression de l’accroissement de la population mondiale et de l’épuisement des ressources naturelles. Ce système est-il vraiment viable à long terme ? Et si, plutôt que d’acheter les produits que nous utilisons, nous achetions le service qu’ils nous rendent. Et si, nous décidions de privilégier l’efficacité par rapport à la propriété ? Cette courte animation de la Fondation Ellen MacArthur introduit ces notions et explique comment ce modèle pourrait fonctionner pour les entreprises, comme pour les particuliers. Le passage à une économie de la fonctionnalité est l’une des voies pour une transition vers une économie circulaire.

Voir une introduction sur l’économie circulaire http://www.youtube.com/watch?v=Vmp74m…

En savoir plus sur l’économie circulaire : http://www.ellenmacarthurfoundation.org/fr

Suivez-nous sur Twitter :@EMacArthurFR @JCDelhaye

Animation réalisée par Beakus
Director Mr Binns
Version française : musiquedenuit.com ; voix : Mathilde Mélèse.

L’économie circulaire ( Jean-Christophe Delhaye)

L’économie circulaire, rappel des faits par Jean-Christophe DelhayeeconomiecirculaireL’économie circulaire est née au Danemark dans les années 1970. Elle désigne un concept économique qui prône la production de biens et services en limitant au maximum la consommation de matières premières, en recyclant les déchets et en utilisant des sources d’énergie renouvelables. Ce modèle met notamment l’accent sur de nouveaux modes de conception, de production et de consommation, le prolongement de la durée d’usage des produits, l’usage plutôt que la possession de bien, la réutilisation et le recyclage des composants.

Les bienfaits potentiels de l’économie circulaire dans le contexte du changement climatique sont évidents : moins de ressources utilisées, moins d’énergie consommée, et aussi une création de valeur économique et sociale. Selon un rapport publié en septembre dernier par le cabinet de conseil américain McKinsey, le passage à l’économie circulaire permettrait aux pays européens de réaliser 1 800 milliards d’euros d’économies et d’augmenter la croissance de sept points en 2030.

La Ville de Paris a saisi cette opportunité à bras le corps, notamment en lançant, en mars dernier et avec des collectivités partenaires, les États généraux de l’économie circulaire. Sur le terrain, les initiatives se multiplient pour mettre en œuvre l’économie circulaire, en voici trois exemples.


Un exemple réussi : La Ressourcerie Créative / Jean-Christophe Delhaye

La Ressourcerie Créative, nouveau lieu dédié à l’économie sociale et solidaire créé avec le soutien de la Ville de Paris, a pris ses quartiers dans l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

Le principe en est simple : il s’agit d’un espace d’économie sociale et solidaire, où le public peut se délester de ses objets devenus inutiles, réaliser de bonnes affaires ou participer à des ateliers créatifs.

« Depuis le 1er septembre, date de l’ouverture, plus de dix tonnes de “déchets” ont pu être valorisées », se félicite Sabine Arrondelle, la coordinatrice de la Ressourcerie, qui est à l’origine du projet. « Notre volonté est de tout récupérer et de réemployer un maximum de choses. »

Dans un premier temps, tout ce qui est collecté en bon état est proposé dans la boutique : on y trouve de tout ! Pour le reste, des ateliers réparation et créatifs divers sont organisés : petit-électroménager, menuiserie et personnalisation de meubles, couture, petites décorations permettent de donner une seconde vie à de nombreux objets et matériaux.

Enfin, des partenariats avec des éco-organismes comme Valdélia et Éco-mobilier permettent de recycler les meubles non vendus ou donnés. De nombreux objets sont en effet cédés gratuitement à l’association Aurore, présente sur le site, qui fait de l’accompagnement de personnes en situation d’urgence. La proximité avec Aurore est très riche, de nombreux bénévoles de l’association sont des résidents d’Aurore. Dès le départ, nous avons souhaité adhérer au Réseau des Ressourcerie afin de bénéficier de son expérience, et Sabine Arrondelle a suivi la formation « Comment créer sa ressourcerie » proposée par le réseau.

Aujourd’hui, la Ressourcerie Créative compte quatre salariés et de nombreux bénévoles. L’accueil du public y est très chaleureux, que ce soit pour la collecte ou pour la vente. Cependant, sa situation reste précaire. La première difficulté pour ouvrir une Ressourcerie, surtout à Paris, est de trouver un lieu. La Ressourcerie Créative dispose d’un bail de trois mois, avec une promesse de reconduction jusqu’à mi-2017. Ensuite, il faudra trouver un autre endroit, à moins que la Ville de Paris ne parvienne à réserver une place à ce projet dans le futur éco-quartier.

Après le lieu, il faut trouver le financement. Le Réseau des Ressourceries prône l’autonomie financière, avec un maximum de conventions de services. Enfin, il faut avoir une réelle capacité d’autofinancement pour démarrer, car les aides sont souvent conditionnées aux dépenses réalisées.

www.laressourceriecreative.com


UpCycly : Wassim Chelfi,son créateur (de Bruxelles par Jean-Christophe Delhaye)

À la fin de l’année 2013, Wassim Chelfi, jeune papa, cherche à créer de la valeur environnementale et sociale en se basant sur son parcours professionnel d’informaticien.

Il fait le constat que notre environnement urbanisé manque cruellement de points végétaux, mais abonde en déchets réutilisables. Il se met alors à expérimenter différentes manières de revégétaliser la ville en utilisant les déchets comme matière première, et commence par animer des ateliers de création végétale à destination des enfants. Face à l’engouement suscité, Wassim a souhaité toucher un public plus large. Il a conçu et organisé le premier UpCycly Fest, un événement participatif où tout le monde est invité à détourner les déchets pour créer du mobilier et des structures végétales, aux « murs à pêche » de Montreuil. Cet événement a suscité un engouement important, accueillant plus de 500 personnes qui ont contribué à la création de composteurs, jardinières et autres, et a ainsi servi d’expérimentation en validant le concept et sa faisabilité. Le défi était donc, à partir de cette expérience, de créer un modèle économiquement autosuffisant, sans en renier les valeurs. Grâce à l’accompagnement du Sensecube, un accélérateur de start-ups sociales, UpCycly a défini sa mission et développé plusieurs activités en se basant sur l’expertise acquise dans le cadre de ses ateliers participatifs : l’animation d’ateliers d’aménagement d’espace, de team building et de réalisation de meubles sur mesures. Aujourd’hui, UpCycly fait face au défi de passer à l’échelle supérieure afin d’accroître son impact et de se développer dans d’autres régions.

Marc Jourdaine
www.upcycly.com


Moulinot Compost et Biogaz

Moulinot Compost et Biogaz, jeune startup spécialisée dans la collecte, le tri et la valorisation des biodéchets provenant des hôtels et restaurants, s’apprête à relever un nouveau défi : la gestion des biodéchets générés par la COP21.

Son fondateur, Stéphan Martinez, est un restaurateur engagé qui, dès 2007, s’intéresse à ces déchets constitués notamment des reliefs de repas et des déchets de préparation de cuisine, et à leur transformation en terreau par lombricompostage. En 2012, avec le soutien du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, il lance une vaste opération pilote de récupération des biodéchets auprès de 80 hôtels et restaurants de la capitale. De février à novembre 2014, les camions de la société Moulinot collectent ainsi 580 tonnes de biodéchets qui sont acheminées et transformées en gaz et en chaleur dans une usine de méthanisation dans l’Essonne. Cette phase test, aujourd’hui terminée, a remporté un vif succès avec des résultats près de trois fois supérieurs à l’objectif fixé. Cette initiative a désormais vocation à être pérennisée et généralisée sur tout le territoire pour répondre à l’obligation du tri à la source des biodéchets en vue d’une valorisation organique, dès 2016, pour tous les établissements qui en produisent au moins dix tonnes par an, contre un seuil fixé à 20 tonnes actuellement.

Bien que non contraints par la règlementation, de nombreux restaurateurs ont fait le choix de valoriser leur biodéchets. « Il s’agit là d’un véritable engagement citoyen », estime Stéphan Martinez, qui déplore « le surcoût financier pour les professionnels, déjà soumis à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui paient aussi ce service de collecte ». Pour lui, la fiscalité environnementale est un véritable enjeu dans le développement de cette pratique, car le volontaire le fait à ses propres frais quand celui qui ne fait rien ne s’acquitte de rien : « C’est la prime au mauvais élève, à laquelle il faut mettre fin. »

Fabien Delory Directeur, Moulinot Compost & Biogaz

©OECD Observer No 304, November 2015

– See more at: http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/3892/_C9conomie_circulaire.html#sthash.5XUXWPbI.dpuf

4 innovations au service des « smart cities » de demain! Jean-Christophe Delhaye

4 innovations au service des « smart cities » de demain! Jean-Christophe Delhaye

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Si les grandes villes veulent devenir durables, elles devront gagner en « intelligence » pour mieux gérer les ressources et développer des services publics plus économes. Partout dans le monde, entreprises, universités et chercheurs conçoivent de nouvelles solutions connectées pour aider les maires à faire de leur ville une « smart city ».

RECHARGER LES SMARTPHONES GRÂCE À UNE MICRO-TURBINE

Avec son chargeur pour smartphones, SUEZ environnement montre en Espagne qu’il y a de l’énergie dans l’eau ! Cette innovation, qui devrait faciliter la vie des possesseurs de smartphones et de tablettes lorsqu’ils se déplacent, permet de fournir l’électricité nécessaire à la recharge des batteries en utilisant l’énergie hydraulique des réseaux d’eau urbains, transformée en énergie électrique. Cela grâce à la solution APT Systems® Pico-turbine initialement conçue pour alimenter en électricité des installations de production et distribution d’eau. Installé en surface sur la voirie ou dans un centre commercial par exemple, le chargeur se présente sous la forme d’une borne. Outre son caractère pratique, cet équipement permet de fournir une énergie propre et 100% renouvelable, contribuant au développement durable des villes.

CONNECTER LES MOBILIERS URBAINS

Dans le cadre des nombreux appels à projets qu’elle a lancés, la ville de Paris expérimente et déploie depuis quelques années de nouveaux mobiliers urbains intelligents. La ville a ainsi confié à l’entreprise JCDecaux le déploiement d’abribus connectés. Ces abribus proposent de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de recharger son mobile, ou encore un écran de 36“ permettant de rechercher un itinéraire, d’accéder à des informations de proximité et des petites annonces. Ces innovations concrétisent des expérimentations menées par la ville et ses prestataires, tels que JCDecaux, depuis quelques années. Des services similaires étaient ainsi proposés au sein des parcs et espaces verts grâce à « L’Escale Numérique », un espace de repos connecté et accessible à tous conçu par le designer Mathieu Lehanneur . Une « table Play » qui met à disposition une sélection de jeux en ligne a également été imaginée pour un déploiement dans les parcs et jardins de la ville.

SUIVRE SA CONSOMMATION D’EAU DEPUIS SON SMARTPHONE

La gestion de la ressource en eau dans les régions touchées par la sécheresse nécessite l’implication de tous les consommateurs. L’exemple de la Californie, dont le gouverneur a appelé les habitants à réduire leur consommation, montre la difficulté de modifier les comportements des usagers. Malgré les recommandations répétées depuis plusieurs mois, rares sont les baisses significatives. Pour Robb Barnitt, dirigeant d’une start-up de la Silicon Valley, qui a lancé récemment l’application mobile Dropcountr, l’une des raisons réside dans le manque d’information des usagers sur leur propre consommation. Grâce à Dropcountr, chaque usager du service de l’eau peut contrôler sur son smartphone sa consommation, la comparer à celle d’autres usagers ou encore recevoir une alerte en cas de fuite. Une alerte peut également être envoyée lorsque des restrictions d’arrosage sont décidées par les autorités. L’interface est intuitive avec des données simples, issues des systèmes d’information des services de distribution d’eau partenaires.

MESURER LA PLUVIOMÉTRIE ET PRÉVENIR LES RISQUES D’INONDATION À L’AIDE DE PARAPLUIES CONNECTÉS

Le volume de pluies dans une ville peut différer d’un quartier à l’autre voire d’une rue à l’autre. Afin de connaître avec précision la pluviométrie de la ville d’Amsterdam, quartier par quartier, et de la prémunir des dommages que peuvent causer les pluies torrentielles, l’institut AMS (Advanced Metropolitan Solutions) a initié en octobre 2014 le projet Rain Sense. Ce projet consiste à collecter les données relatives à la pluviométrie grâce à deux sources complémentaires : des parapluies connectés et une application mobile. Cette application permet à chaque habitant de lancer une alerte en prenant une photo ou en signalant une averse à un point précis, mais également de vérifier que son logement ne présente pas de risque d’inondation. Couplées à un modèle hydrodynamique 3D conçu par l’AMS, les données recueillies permettront aux autorités de prendre les précautions nécessaires en cas d’épisodes pluvieux de forte intensité.

Jean-Christophe Delhaye

La smart city : la ville devient intelligente! Jean-Christophe Delhaye

La smart city : la ville devient intelligente! Jean-Christophe Delhaye

Aujourd’hui, seulement 2 % de la surface de la terre sont occupés par les villes. Or, d’ici 2050, elles accueilleront 70 % de la population mondiale et seront à l’origine de 80 % des émissions de CO2.

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De part cette démographie croissante, outre les questions énergétiques, les villes, sont d’ores et déjà confrontées à de nombreux problèmes de ressources (espace, mobilité, financement, etc.), problèmes auxquels elles doivent très rapidement trouver des réponses pour demeurer attractives aux yeux des nouveaux talents, des entrepreneurs, des créateurs, des investisseurs… bref, de tous ceux qui contribuent à sa vitalité.

Dans un tel contexte, un nouveau concept émerge progressivement : celui des « smart cities ». Des villes modernes, capables de mettre en œuvre des infrastructures (d’eau, électricité, gaz, transports, services d’urgence, services publics, bâtiments, etc.) communicantes et durables pour améliorer le confort des citoyens, être plus efficaces, tout en se développant dans le respect de l’environnement.

Des exemples concrets de Smart City en France

Cette video présente des témoignages de responsables de collectivités locales : Découvrez concrètement comment Schneider Electric accompagne les villes et les opérateurs, dans le cadre d’une approche collaborative, pour rendre la ville efficace, durable et agréable à vivre.

Jean-Christophe Delhaye

Smart Cities and Communities The European Innovation Partnership on Smart Cities and Communities! Jean-Christophe Delhaye

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The European Innovation Partnership on Smart Cities and Communities (Jean-Christophe Delhaye)

The European Innovation Partnership on Smart Cities and Communities (EIP-SCC) brings together cities, industry and citizens to improve urban life through more sustainable integrated solutions.

This includes applied innovation, better planning, a more participatory approach, higher energy efficiency, better transport solutions, intelligent use of Information and Communication Technologies (ICT), etc.

Invitation for Commitments

The Invitation for Commitments closed on 15 June. 370 eligible commitments were submitted by over 3000 partners. See info graphicpdf . All commitments are published on the online marketplace http://eu-smartcities.eu/ .

The first public draft of the Operational Implementation Planpdf(2.15 Mb) Choose translations of the previous link , the operational annex to the Strategic Implementation Planpdf(880 kB) Choose translations of the previous link , has now also been published and gives a wealth of detailed examples for integrated smart city solutions.

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Jean-Christophe Delhaye

L’Afrique aussi commence à rémunérer les services rendus par la nature! Jean-Christophe Delhaye

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Face à la crise environnementale, en Afrique comme ailleurs, un nouveau constat s’impose : la nature fournit aux hommes une multitude de services d’importance primordiale qu’il convient de sauvegarder.

Prenons par exemple le cas des forêts tropicales. Ces fameux « poumons » de la planète assurent une fonction de régulation climatique en stockant le carbone, tout en abritant la moitié de la biodiversité terrestre mondiale et en protégeant les ressources en eau des populations locales. La valeur de ces services dits « environnementaux » sur le plan économique est de mieux en mieux appréhendée et de nouveaux instruments se mettent en place pour assurer leur fourniture.

En Tanzanie, dans les montagnes Usambara de l’Est, une entreprise locale, assurant la gestion des services d’eau pour la ville de Tanga (300 000 habitants), a jugé rentable d’investir dans la protection du bassin versant fournissant les ressources en eau qu’elle exploite. Elle finance l’appui aux communautés situées en amont du bassin versant pour que celles-ci mettent en œuvre des mesures de conservation des sols – reforestation, cultures en terrasse, agroforesterie… – permettant à la fois de limiter l’érosion et d’améliorer la production agricole.

Des incitations financières

L’entreprise Tanga-Uwasa s’était en effet rendu compte que la déforestation et les pratiques agricoles non durables de ces communautés étaient à l’origine des problèmes de sédimentation et de surcharge en nutriments des eaux qu’elle exploitait. L’érosion avait entraîné une baisse de 25 % des capacités de stockage de son principal réservoir et les coûts annuels de traitement des eaux avaient doublé entre 2005 et 2010 pour atteindre plus de 200 000 euros. L’entreprise a donc décidé d’investir un montant équivalent entre 2013 et 2016 pour financer les mesures de conservation des sols.

Avec un peu de retard sur d’autres régions du monde et notamment l’Amérique centrale, ce type d’initiatives « gagnant-gagnant » se multiplie en Afrique. Aux abords du parc national Amboseli au Kenya, au pied du mont Kilimandjaro, des propriétaires terriens massaïs reçoivent depuis 2008 des paiements annuels (environ 12 euros par hectare) pour maintenir des usages des terres et pratiques compatibles avec la circulation des éléphants vers l’aire protégée voisine des collines Chyulu.

Ces paiements sont financés par le gouvernement, des agences de développement et un opérateur touristique dont l’activité en dépend. En différents endroits du continent, des populations rurales reçoivent des incitations financières issues des marchés du carbone pour conserver la forêt ou planter des arbres, comme c’est le cas depuis 2003 en Ouganda dans le cadre du programme « des arbres pour des bénéfices globaux » de l’ONG Ecotrust.

Conflits fonciers

Ces initiatives innovantes, connues sous le nom de « paiements pour services environnementaux » (PSE) s’appuient sur une logique contractuelle. Leur attractivité tient à leur capacité à mobiliser de nouvelles sources de financement pour la conservation, bénéficier aux populations locales et améliorer le rapport coût-efficacité des actions de conservation. Ce dernier objectif est associé au principe de paiement aux résultats : plutôt que financer des actions visant à atteindre des résultats, il semble plus rentable de payer directement et de manière conditionnelle à l’obtention des résultats. Pour ces trois raisons, leur développement en Afrique semble prometteur.

Mais pour en tirer le meilleur parti, les pays africains doivent encore mettre en place des cadres institutionnels adaptés. La clarification de la tenure des terres représente un défi majeur alors que les droits exclusifs sur les terres sont rares (les Etats étant souvent légalement présumés propriétaires des terres) et les conflits fonciers nombreux.

Il s’agit également de renforcer les capacités d’organisation des populations locales et de mettre en place les mécanismes légaux, institutionnels et fiscaux nécessaires pour générer de nouvelles sources de financement pour la conservation de la nature. Les financements climatiques, qui sont au cœur des négociations internationales devant aboutir en fin d’année à Paris à un accord global sur le climat, sont particulièrement visés. Les PSE pourraient permettre de mieux accéder à ces fonds et les canaliser jusqu’aux populations locales.

La nécessité de lois environnementales

Il s’agit aussi d’être réaliste par rapport au potentiel des PSE. Leur mise en place est coûteuse et prend du temps. L’ignorer revient à s’exposer à un certain nombre de risques : augmentation des conflits fonciers, accaparement des bénéfices par les élites locales, création d’incitations perverses (mettant fin à toute conservation désintéressée)…

Enfin, les paiements pour services environnementaux sont loin d’être des solutions adaptées à tous les problèmes environnementaux. Le renforcement de l’application de la législation environnementale en Afrique demeure une priorité pour limiter par exemple l’exploitation illégale du bois ou le trafic d’ivoire qui a atteint des niveaux records ces dernières années et décime les populations d’éléphants et de rhinocéros du continent.

Kurt Lonsway manager de la division environnement et changement climatique de la Banque africaine de développement.

Jean-Christophe Delhaye

Thomas Legrand est coauteur de l’étude « Les paiements pour services environnementaux : un outil prometteur pour la gestion durable de l’environnement en Afrique » publiée par la Banque africaine de développement en juin 2015.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/19/l-afrique-aussi-commence-a-remunerer-les-services-rendus-par-la-nature_4657683_3212.html#jcvUxVdykhP840Iu.99

L’économie circulaire, un vecteur d’emploi à l’avenir ? Jean-Christophe Delhaye

http://www.wat.tv/p/7gks3 via @wat_tv

Jean-Christophe Delhaye