Smart Cities : Issy-les-Moulineaux et Lyon parmi les 15 villes européennes les plus avancées! Jean-Christophe Delhaye

La Commission européenne et le Ministère chinois de l’industrie et des technologies ont publié une étude comparative sur les projets de smart city mis en œuvre dans 15 villes chinoises et 15 villes européennes.

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4 innovations au service des « smart cities » de demain! Jean-Christophe Delhaye

4 innovations au service des « smart cities » de demain! Jean-Christophe Delhaye

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Si les grandes villes veulent devenir durables, elles devront gagner en « intelligence » pour mieux gérer les ressources et développer des services publics plus économes. Partout dans le monde, entreprises, universités et chercheurs conçoivent de nouvelles solutions connectées pour aider les maires à faire de leur ville une « smart city ».

RECHARGER LES SMARTPHONES GRÂCE À UNE MICRO-TURBINE

Avec son chargeur pour smartphones, SUEZ environnement montre en Espagne qu’il y a de l’énergie dans l’eau ! Cette innovation, qui devrait faciliter la vie des possesseurs de smartphones et de tablettes lorsqu’ils se déplacent, permet de fournir l’électricité nécessaire à la recharge des batteries en utilisant l’énergie hydraulique des réseaux d’eau urbains, transformée en énergie électrique. Cela grâce à la solution APT Systems® Pico-turbine initialement conçue pour alimenter en électricité des installations de production et distribution d’eau. Installé en surface sur la voirie ou dans un centre commercial par exemple, le chargeur se présente sous la forme d’une borne. Outre son caractère pratique, cet équipement permet de fournir une énergie propre et 100% renouvelable, contribuant au développement durable des villes.

CONNECTER LES MOBILIERS URBAINS

Dans le cadre des nombreux appels à projets qu’elle a lancés, la ville de Paris expérimente et déploie depuis quelques années de nouveaux mobiliers urbains intelligents. La ville a ainsi confié à l’entreprise JCDecaux le déploiement d’abribus connectés. Ces abribus proposent de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de recharger son mobile, ou encore un écran de 36“ permettant de rechercher un itinéraire, d’accéder à des informations de proximité et des petites annonces. Ces innovations concrétisent des expérimentations menées par la ville et ses prestataires, tels que JCDecaux, depuis quelques années. Des services similaires étaient ainsi proposés au sein des parcs et espaces verts grâce à « L’Escale Numérique », un espace de repos connecté et accessible à tous conçu par le designer Mathieu Lehanneur . Une « table Play » qui met à disposition une sélection de jeux en ligne a également été imaginée pour un déploiement dans les parcs et jardins de la ville.

SUIVRE SA CONSOMMATION D’EAU DEPUIS SON SMARTPHONE

La gestion de la ressource en eau dans les régions touchées par la sécheresse nécessite l’implication de tous les consommateurs. L’exemple de la Californie, dont le gouverneur a appelé les habitants à réduire leur consommation, montre la difficulté de modifier les comportements des usagers. Malgré les recommandations répétées depuis plusieurs mois, rares sont les baisses significatives. Pour Robb Barnitt, dirigeant d’une start-up de la Silicon Valley, qui a lancé récemment l’application mobile Dropcountr, l’une des raisons réside dans le manque d’information des usagers sur leur propre consommation. Grâce à Dropcountr, chaque usager du service de l’eau peut contrôler sur son smartphone sa consommation, la comparer à celle d’autres usagers ou encore recevoir une alerte en cas de fuite. Une alerte peut également être envoyée lorsque des restrictions d’arrosage sont décidées par les autorités. L’interface est intuitive avec des données simples, issues des systèmes d’information des services de distribution d’eau partenaires.

MESURER LA PLUVIOMÉTRIE ET PRÉVENIR LES RISQUES D’INONDATION À L’AIDE DE PARAPLUIES CONNECTÉS

Le volume de pluies dans une ville peut différer d’un quartier à l’autre voire d’une rue à l’autre. Afin de connaître avec précision la pluviométrie de la ville d’Amsterdam, quartier par quartier, et de la prémunir des dommages que peuvent causer les pluies torrentielles, l’institut AMS (Advanced Metropolitan Solutions) a initié en octobre 2014 le projet Rain Sense. Ce projet consiste à collecter les données relatives à la pluviométrie grâce à deux sources complémentaires : des parapluies connectés et une application mobile. Cette application permet à chaque habitant de lancer une alerte en prenant une photo ou en signalant une averse à un point précis, mais également de vérifier que son logement ne présente pas de risque d’inondation. Couplées à un modèle hydrodynamique 3D conçu par l’AMS, les données recueillies permettront aux autorités de prendre les précautions nécessaires en cas d’épisodes pluvieux de forte intensité.

Jean-Christophe Delhaye

Moving in circles? what the EU’s new Circular Economy Package should deliver Jean-Christophe Delhaye

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“It is time to change course”. So said EU Commissioners Timmermans, Katainen, Vella and Bienkowska in an article for La Tribune last week, as the European Commission released its public consultation on a new Circular Economy Package.

Whilst it’s of course nice to hear, it remains to be seen whether the Commission can match these words with tangible action when the time comes to make something of the hundreds of contributions the Commission will no doubt receive. Will they be able to come up with what has been largely dubbed a “new, more ambitious package”.

The concern is clear: with an ever growing population and shrinking resources, the global economy is pushing up against its physical limits. In a world where the linear ‘take, make, consume and dispose’ model relies on large quantities of easily accessible resources and energy, a change of the entire operating system seems necessary. That’s where the Circular Economy comes into play.

The sharing economy has enabled those with “idle capacity” to sell that spare capacity through technology. Similarly, companies on the forefront of the Circular Economy can create new product-to-service approaches, new materials recovery methods, and smarter projections and preparedness for future costs.

And while it may take years or decades for the ultimate vision of the Circular Economy to take hold, the transition has begun.

Renault leases batteries for electric cars, in large part to recover them more easily so they can be re-engineered or recycled for additional duty.

Dutch Carpet maker Desso operates a take-back programme that collects end-of-use carpet tiles to recover their materials for further production or for sale to secondary material suppliers.

These are only but two examples of an increasing number of leading companies and emerging innovators that work towards accelerating the transition towards a Circular Economy.

Rethinking the way we organise global production and consumption, and adopting the technologies, infrastructure and business models required, will surely present huge business opportunities in the next coming decade.

Yet if the EU really wants to make a difference, it will need more than a new and well publicised policy document.
Take ecodesign for example. According to the European Environmental Bureau, a federation of over 140 environmental citizens’ organisations, as much as 80% of a product’s environmental impact is in fact determined at the design stage. Laptops have a raw material consumption of 270 kg for every kilogramme of the final product’s weight. Even small appliances like an electric toothbrush contain around 40 small components.

The most mundane products in your everyday life are wasteful because of their poor design. And yet the Commission so far has failed to properly address product policy.

This is a lost opportunity. There are real benefits to delivering resource-efficient products. As a consumer, it can save you money and reduce your carbon footprint. For innovative businesses, it can unlock new potential and drive productivity gains.

Imagine living in a world where products are designed in such a way that their smallest components can be re-inserted into the production chain instead of being discarded once they have been used. Imagine living in a world that produces virtually no waste, where raw materials are continuously used, reused and recycled in a closed loop.

This is what the Circular Economy is about.

Of course such change will not happen overnight. Such a shift requires a massive change in culture and philosophy. In the week when the G7 leaders agree to phase out fossil fuel use by end of century, the question remains as to what practical steps can be implemented that will lead to significant costs savings, waste material avoidance and job creation.

Scaling up a circular economy on an international level will require government support to introduce positive legislative drivers, such as waste prevention targets and incentives around eco-design to promote products that are easier to reuse, remanufacture and disassemble.

Let’s hope Commissioner Timmermans will rise to the challenge. After all, he promised no less when he decided to scrap the previous Commission package.

*Note: This article was written by our account director, Céline Bernaerts. You can connect with her on Twitter @cbernaerts or via Linkedin.

Jean-Christophe Delhaye

Moins de miel, mais plus d’apiculteurs en France! Jean-Christophe Delhaye

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Les abeilles ont dû danser une folle farandole dans leurs ruches, jeudi 19 mars. Le jour même, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction, à compter de janvier 2016, des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, accusés de décimer les colonies de ces insectes hyménoptères. Les députés ont voté, contre l’avis du gouvernement, un amendement déposé par les députés Gérard Bapt (Parti socialiste, Haute-Garonne) et Delphine Batho (PS, Deux-Sèvres).

Il s’agit d’une victoire pour l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), qui demandait une telle mesure. Cette organisation se bat depuis des années face à l’épidémie de mortalité qui s’abat sur les abeilles.

Jeudi, elle jetait, justement, un coup de projecteur sur la situation très difficile de l’apiculture française. La production nationale de miel, est tombée, à un plus bas historique en 2014, à 10 000 tonnes. A comparer aux 32 000 tonnes qui coulaient encore des ruches en 1995 ou aux 20 000 tonnes en 2011.

En parallèle, les importations n’ont cessé de progresser, dépassant les 30 000 tonnes en 2014. Car les Français restent de grands amateurs de miel. Et manifestent ainsi leur intérêt pour cette pratique délicate de l’élevage des abeilles.

Le nombre d’apiculteurs a d’ailleurs repassé à la hausse le seuil des 70 000 en 2014, un niveau qu’il avait franchi à la baisse en 2011. Le nombre de ruches augmente également et approche 1,3 million.

En 2014, à l’exception de l’Ouest et de la Bretagne, relativement épargnés, les autres régions de France ont vu leur récolte aumputée de 50 % à 80 %. Les conditions météorologiques particulièrement défavorables expliquent en partie cette piètre performance. De même que les attaques du frelon asiatique, qui touche désormais les trois-quarts du territoire. Mais aussi l’usage de certains insecticides.

« Double discours du gouvernement »

L’UNAF demande au ministère de l’agriculture une mise en place de mesures d’aides exceptionnelles pour faire face à cette situation difficile pour les apiculteurs. L’organisme s’interroge d’ailleurs sur ce qu’elle qualifie de « double discours du gouvernement ».

En février 2013, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll avait présenté son Plan de développement durable de l’apiculture. Alors que 30 % des ruches périssent chaque année en France, sans que des maladies ne l’expliquent, l’UNAF avait salué le signal positif qu’avait envoyé le ministre dès 2012 : il avait alors retiré l’autorisation d’usage du Cruiser sur le colza. Puis lancé au niveau européen une procédure pour réévaluer les impacts de trois insecticides néonicotinoïdes. Ce qui a conduit, en 2013, à leur interdiction pour deux ans.

Mais, depuis, d’autres signaux moins positifs ont été émis. L’usage des produits phytosanitaires a continué à progresser en France. Et les néonicotinoïdes restent utilisés dans les champs.

Puis, lorsque le Sénat a dû se prononcer, en février, sur une proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Joël Labbé (Morbihan) et le député Germinal Peiro (PS, Dordogne), demandant au gouvernement d’agir au niveau européen pour interdire les insecticides néonicotinoïdes, ce dernier l’a rejetée. Les élus PS se sont désolidarisés à la demande du gouvernement.

Enfin, le frelon asiatique reste classé en danger sanitaire de catégorie 2, privant les apiculteurs de moyens pour lutter contre ce fléau.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/19/moins-de-miel-mais-plus-d-apiculteurs-en-france_4597426_3234.html#Y5WX1gfIxbvSTzHs.99

Comment Paris veut protéger les abeilles! Jean-Christophe Delhaye

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Les villes, avec leurs rues embouteillées mais aussi leurs jardinières bien garnies et leurs avenues bordées de platanes, constituent désormais une sorte d’eldorado paradoxal pour des abeilles. Elles sont en effet à la peine dans les campagnes où règnent de monotones et mortelles monocultures. Paris a décidé de prendre le parti de l’insecte emblématique en ratifiant, le samedi 20 juin, la charte « L’Abeille, sentinelle de l’environnement ».

Rédigé par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), ce texte stipule en substance que le signataire s’engage à proscrire produits toxiques, pesticides, OGM, à soutenir et faire connaître butineuse et apiculture. La signature aura lieu au Chai de Bercy, tandis que la dixième édition des Apidays, la fête des abeilles, battra son plein un peu partout en France, du 18 au 20 juin, avec des expositions, des dégustations de miel, des visites…

600 ruches dans la capitale

La capitale n’est pas peu fière de dévoiler son caractère « bee-friendly ». Elle estime abriter déjà environ 600 ruches, soit 4,6 au kilomètre carré, davantage que Berlin, son homologue verte qui ne dépasse pas les 3,3 au km2. Le premier rucher école, installé dans le jardin du Luxembourg, date de 1856. Il a fait des émules depuis : on compte une cinquantaine de colonies domestiques installées dans les bois de Vincennes et de Boulogne, huit dans les jardins du conseil régional. Il y en a d’autres sur les toits de l’Opéra, sur ceux de la mairie du quatrième arrondissement et du Crédit municipal dans le même quartier ; et puis dans le jardin Georges-Brassens, les parcs Monceau et Kellermann ; sur les terrasses de particuliers aussi, toutes recensées en principe par la préfecture de police. Même l’Ecole normale supérieure se targue de produire son miel – au moins partiellement récolté sur place.

Ce Paris qui bourdonne est appelé à prospérer. Pénélope Komitès (PS), adjointe à la mairie, chargée des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, annonce l’installation prochaine de nouvelles ruches. Elle nourrit surtout moult projets qui vont permettre de « renforcer la place de la nature à Paris ». Car il ne suffit pas d’offrir le gîte aux abeilles citadines, il faut aussi leur fournir de quoi butiner en quantité et en qualité.

20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2020

« Sur les 30 nouveaux hectares d’espaces verts promis durant ce mandat municipal, nous en avons réalisé 4,5 hectares, annonce Mme Komites. Nous nous sommes aussi engagés à planter 20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2020 dans les jardins de la ville, mais aussi dans les rues, les écoles, dont une bonne part de pommiers, de poiriers… » L’élue, qui reconnaît « se battre mètre carré par mètre carré », a l’ambition de rendre végétales des rues dans chaque arrondissement, avec des pavés enherbés notamment, ainsi qu’une centaine d’hectares de toitures et de façades du patrimoine de la ville et des organismes publics. Elle veut donner un coup d’accélérateur à l’agriculture urbaine et doit présenter au prochain conseil de Paris, fin juin, la création d’un permis autorisant les habitants à semer des graines aux pieds des arbres, des murs, bref à agrémenter de vert le domaine public.

« On va distribuer des graines, de la terre, promet-elle. Le secteur privé est intéressé aussi : cette saison, pour la première fois, 400 kilogrammes de fraises viennent d’être récoltés sur les toits des Galeries Lafayette. » Enfin, à part quelques restes limités d’intrants dans ses cimetières, Paris n’utilise pratiquement plus de pesticides et promet de privilégier les variétés de plantes mellifères. Tous ces efforts donnent donc lieu à la première fête des abeilles parisiennes dans plus d’une douzaine de sites.

Engouement pour l’apiculture

Cependant, d’autres collectivités avaient franchi le pas avant la capitale. Des municipalités comme Besançon, Blois, Montpellier, Clermont-Ferrand l’ont précédée depuis plusieurs années, tout comme la Principauté de Monaco. En Ile-de-France, le conseil régional, de nombreuses communes, Aéroports de Paris, le Château de Versailles se sont engagés à prendre soin des abeilles. Sur tout le territoire, on va célébrer les butineuses dans des centres commerciaux, des bases de loisirs, des aires de repos de Cofiroute, des bords de voies navigables, des vignobles, les magasins Botanic…

« On assiste à un engouement évident pour s’initier à l’apiculture. Ce n’est pas une mode, mais une lame de fond, » assure Henri Clément, porte-parole de l’UNAF. Chiffres à l’appui : après avoir chuté dans les années 2000, le nombre d’apiculteurs est remonté à environ 70 000, dont 2 000 professionnels. Ensemble, ils veillent sur près de 1,3 million de ruches. Mais la production de miel, elle, est en berne : environ 32 000 tonnes en 1995, 20 000 t en 2013, 10 000 t en 2014.

Lire aussi : Moins de miel, mais plus d’apiculteurs en France

« La question des abeilles ne se limite pas au miel, la diversité de ce que nous mangeons en dépend, affirme M. Clément. Les producteurs de graines de salade ou de carotte, par exemple, ont besoin des pollinisateurs pour la fécondation de leurs plants. Dire que 35 % des ressources alimentaires de la planète sont concernées, ce n’est pas un vain mot. Il reste beaucoup d’efforts à fournir pour que cette réalité soit bien comprise dans l’opinion publique. » En une journée, une colonie de 40 000 abeilles, dont 30 000 butineuses, peut visiter 21 millions de fleurs (700 par abeille), assure l’UNAF. Car pour cette organisation, les Apidays sont surtout l’occasion de délivrer de façon festive un insistant message d’alerte : il faut sauver l’insecte butineur.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2015/06/18/comment-paris-veut-proteger-les-abeilles_4656658_1652692.html#FmysajX4qyGS2Myu.99

Jean-Christophe Delhaye

Bruxelles veut créer 6 000 jobs dans l’économie circulaire! Jean-Christophe Delhaye

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La Région lance un plan de onze millions d’euros pour « booster » ce type d’économie.

Une entreprise chimique qui fournit son excédent d’eau déminéralisée à une autre, un magasin qui fait du « leasing » de vêtements pour enfants de 0 à 3 ans, une bière brassée à l’aide du pain invendu d’une enseigne de grande distribution ou encore une start-up qui va chercher du marc à café pour faire pousser des champignons… Les exemples d’économie circulaire ne manquent pas à Bruxelles. Economie circulaire, dites-vous ? « C’est la recherche de toutes les synergies possibles pour minimiser les richesses perdues », explique Didier Gosuin (FDF), le ministre bruxellois de l’Economie. Les déchets de l’un peuvent être des ressources pour l’autre. La vision idéale est que rien ne sort du circuit et que tout soit recyclé. »

Si ces initiatives restent assez isolées à Bruxelles, cela devrait changer bientôt. En compagnie de la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (CDH), l’élu FDF veut ainsi booster ce type d’échanges à Bruxelles. Un plan régional d’économie circulaire, baptisé Prec, va être lancé d’ici la fin de l’année. Il sera doté d’une enveloppe de 11,6 millions d’euros (provenant de différents postes dont des fonds européens) d’ici 2020. « On est sur un nouveau paradigme qui réconcilie économie et environnement, développe Céline Fremault, qui parle de rupture avec l’économie « linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) ». « Cette économie circulaire, on ne l’a pas découverte aujourd’hui, mais les crises offrent des opportunités de changement et on les saisit. »

« Pas un fantasme d’environnementaliste »

L’idée de ce plan est notamment de créer une plateforme mettant en contact les entreprises désirant des synergies. « Une entreprise peut, par exemple, être intéressée par les camions qui reviennent à vide après avoir déchargé des déchets d’une autre société », explique M. Gosuin. D’après le ministre, l’idée n’est pas de créer un ministère de l’économie circulaire ? « Ce n’est pas un fantasme d’environnementaliste en mal de projets. Il faut que cela entre dans les stratégies des entreprises et elles commencent à en voir les avantages. Une étude présentée au forum de Davos a montré le gain financier de l’économie circulaire et sa capacité à créer de l’emploi. La FEB plaide aussi pour ce type d’économie. »

En plus du budget alloué pour le plan, le ministre a une belle carotte à présenter aux entrepreneurs candidats à ce type de démarche. « Je compte revoir les mécanismes d’une partie de l’aide à l’expansion économique (NdlR : 25 millions d’euros en tout) en fonction de cette économie circulaire. Le restaurateur qui change de chaudière ne modifie pas son processus de production, mais celui qui crée un circuit court et local, oui. Il faut une vision globale et pas ponctuelle de l’environnement. On va encourager les entreprises qui ont cette logique globale. »

Un partenariat avec l’ONU

Les deux ministres sont convaincus : l’économie circulaire va créer de nouveaux marchés à Bruxelles et de nombreux emplois locaux. « On pense pouvoir créer autour de 5 000 à 6 000 emplois autour de cette économie circulaire d’ici la fin de la législature », poursuit Céline Fremault.

Reste que cette économie circulaire est déjà bien développée dans d’autres régions européennes. Bruxelles s’y prend-elle trop tard ? « L’économie de Bruxelles est essentiellement axée sur les services, donc le concept est moins évident à mettre en place », réplique la ministre CDH. On a aussi voulu faire les choses dans l’ordre. Nous avons d’abord demandé une étude sur le métabolisme urbain de Bruxelles, à savoir tout ce qui est produit, consommé et jeté dans la région. » La capitale belge produit, par exemple, 600 000 tonnes de déchets de construction par an, dont très peu sont actuellement recyclés. « On pousse aussi à l’éco-conception, c’est-à-dire l’idée d’intégrer l’environnement dès la conception d’un produit. Enfin, nous désirons aussi sensibiliser le citoyen à consommer autrement », conclut Céline Fremault.

A noter qu’un symposium international sur l’économie circulaire aura lieu ce vendredi à Bruxelles. La Région y signera notamment un partenariat avec l’Onu en matière d’environnement.

(Partagé par : Jean-Christophe Delhaye)

L’économie circulaire sort la tête des poubelles / Jean-Christophe Delhaye

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A l’occasion des deuxièmes assises de l’économie circulaire, les acteurs de la filière veulent aller au-delà du recyclage pour travailler sur la conception des produits ou encore la coopération des acteurs économiques.

Ces 17 et 18 juin se déroulent à Paris les deuxièmes assises de l’économie circulaire, organisées par l’Institut de l’économie circulaire et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les organisateurs considèrent que l’économie circulaire est de plus en plus connue. Outre son entrée dans le Larousse cette année, elle a surtout trouvé sa place au sein de « la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui lui consacre un article complet« , rappelle la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, qui n’a pas assisté à l’évènement mais y a fait lire un texte.

« La loi prévoit de revoir tous les cinq ans une stratégie pour orienter l’économie vers l’économie circulaire« , rappelle-t-elle. L’objectif est d’atteindre un taux de valorisation des déchets de 55 % en 2020 et 65 % en 2025. Elle rappelle en particulier la volonté de créer une filière française de déconstruction des bateaux de sport et plaisance pour atteindre 4 000 démantèlements par an, contre seulement 400 aujourd’hui. Elle rappelle aussi l’interdiction pour les magasins de jeter des denrées non périmées.

Pour les acteurs de la filière, la question est désormais de ne plus se limiter aux déchets. « Nous sortons le nez de la poubelle ; le recyclage n’est qu’un des axes de travail« , affirme Bruno Léchevin. Le président de l’Ademe appelle à mobiliser les milieux de l’industrie, de l’urbanisme et de l’agriculture autour de meilleurs comportement. Il croit fermement en une émulation, constatant que « l’attention pour l’économie circulaire croît à un moment où le prix des matières premières est en baisse en particulier dans l’énergie car tout le monde a conscience que le renchérissement est inéluctable. »

2 millions d’emplois

Pour François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’économie circulaire et député EELV des Bouches-du-Rhône, les acteurs économiques sont à la manœuvre. « Je suis impressionné par le nombre de start-up qui remettent en question notre modèle de consommation (NDLR : le modèle linéaire de la matière première au déchet), en s’appuyant souvent sur la révolution digitale. Il y a également beaucoup de grands groupes qui inscrivent l’économie circulaire au cœur de leur stratégie. » Des multinationales des déchets comme Suez Environnement ou Veolia s’engagent. Le secteur pourrait apporter à l’Europe un gain de 3% de PIB et créer 2 millions d’emplois, selon les calculs de la Commission.

Il reste du travail. « La mise en application est complexe car elle interroge nos modes de conception, de production et de consommation. Cela demande aux acteurs du cycle de se faire confiance. Quand deux entreprises échangent un flux de vapeur, il faut poser un tuyau et s’entendre sur un prix. Mais il faut aussi accepter une forme de dépendance. C’est difficile« , explique Bruno Léchevin. Dénonçant les « forces conservatrices » qui freinent la recherche de sobriété, le patron de l’Ademe appelle à ce que la « frugalité » soit un indicateur de performances de l’entreprise.

Ludovic Dupin