Retard, espoirs, mobilisation des dirigeants : le récap’de la #COP21, jour 12! Jean-Christophe Delhaye

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Barack Obama, John Kerry, Xi Jinping, Ban Ki-moon… Les dirigeants mondiaux se mobilisaient, vendredi 11 décembre, pour arracher un accord contre le réchauffement de la planète qui échappait encore aux négociateurs de 195 pays, malgré l’urgence climatique. Car la conférence de Paris (COP21), comme les précédentes conférences internationales sur le climat, joue les prolongations.

Sa clôture, initialement prévue pour vendredi à 18 heures, a été reportée à samedi, après une nuit de vives discussions qui ont fait resurgir les crispations Nord-Sud, en particulier sur les financements.

Lire aussi : Fin de la COP21 : 6 questions pour tout rattraper

  • Efforts diplomatiques pour arracher un accord

Un texte final de l’accord retardé de vendredi à samedi : les négociations tardent et débordent du calendrier fixé par la présidence française. « Nous sommes presque au bout du chemin, je suis optimiste », a assuré le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, qui préside la conférence.

« Je serai en mesure demain matin [samedi] à 9 heures de présenter à l’ensemble des parties un texte qui, j’en suis sûr, sera approuvé et sera un grand pas en avant pour l’ensemble de l’humanité. Toutes les conditions sont réunies pour obtenir un accord universel ambitieux. Les conditions n’ont jamais été aussi favorables ».

Son homologue américain John Kerry, très impliqué dans les pourparlers de jour comme de nuit, s’est montré plus prudent. « Il est possible » que la conférence se termine « à un moment donné demain », a-t-il dit. « Il y a toujours un ou deux sujets très difficiles. » Les discussions achoppent toujours sur trois thèmes majeurs : la différenciation entre pays développés et en développement dans les efforts de lutte contre le changement climatique, les financements des pays riches en soutien aux pays affectés, notamment pour leur adaptation au réchauffement et, enfin, le seuil limite de réchauffement à ne pas dépasser (1,5 °C ou 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle).

« Au lieu d’avancer vers des compromis, chaque pays s’est plutôt retranché derrière ses positions », lors des discussions de la nuit, a rapporté Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Pour les surmonter, les négociateurs de 195 pays ont repris les échanges informels, à huis clos, sur le site du Bourget, près de Paris après deux nuits quasiment blanches.

A des milliers de kilomètres du Bourget, les présidents américain Barack Obama, et chinois Xi Jinping, ont convenu au téléphone de renforcer leurs efforts pour parvenir à un accord. Habitué des négociations internationales, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a estimé que la COP21 était « de loin la plus compliquée, la plus difficile, mais aussi la plus importante pour l’humanité ».

« J’exhorte tous les négociateurs à prendre des décisions pour notre avenir commun. Ce n’est plus l’heure de camper sur ses perspectives nationales. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/12/11/retard-espoirs-mobilisation-des-dirigeants-le-recap-de-la-cop-jour-12_4830172_4527432.html#SsbUrFXsaPuSMLQv.99

 

Article déniché par Jean-Christophe Delhaye,Bruxelles

COP21 : « Le changement climatique pose un défi à l’intelligence » Jean-Christophe Delhaye

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ENTRETIEN avec Annamaria Lammel, maître de conférences à l’université Paris 8, anthropologue et docteure en psychologie cognitive, à l’occasion de la COP21.

 

Il y a souvent un abîme entre les discours prononcés par les chefs d’État en faveur du climat – comme au premier jour de la COP21 – et les décisions prises au niveau national. Nos gouvernants seraient-ils schizophrènes ?

Annamaria Lammel : En psychologie, nous parlons de biais cognitifs. Par exemple, nous savons très bien que fumer tue, et pour autant cela n’empêche pas les gens de fumer. De même, nous ne pouvons plus ignorer qu’acheter une grosse cylindrée est préjudiciable pour le climat et pour autant, beaucoup cèdent à la tentation.

Des mécanismes cognitifs se mettent alors en place pour s’auto-convaincre que le climat, ou le tabac, ou la bouteille de vin que l’on boit au déjeuner, n’est pas un problème.

La connaissance du changement climatique et de ses effets ne se traduit que très difficilement en action, comme le montre la lourdeur des négociations. Y a-t-il à cela des freins d’ordre psychologique ?

A. L. : La question du changement climatique pose d’abord un défi à l’intelligence. La psychologie a montré en effet que la cognition humaine, c’est-à-dire notre capacité à traiter des informations, est assez linéaire. Nous traitons les événements les uns après les autres. Or le climat est un phénomène complexe, non linéaire, qui fait l’objet de nombreuses boucles rétroactives difficiles à appréhender pour des non-climatologues.

Par ailleurs, la plupart des gens – en particulier dans les pays développés – n’ont pas d’expérience sensible et directe du changement climatique, ce qui limite là encore leur compréhension du phénomène. Quand vous vivez dans l’hémisphère Nord – là où s’élaborent de nombreuses décisions – vous vivez dans un climat tempéré, où chacun peut expérimenter le retour du froid chaque année et où l’on peut s’abriter de la pluie. Vous ne « vivez » pas le changement climatique.

Qu’en est-il du souci des générations futures ?

A. L. : Contrairement à ce que l’on croit, il n’est pas très développé dans les sociétés modernes individualistes. Des psychologues ont réalisé des centaines d’entretiens non directifs avec des Parisiens sur la façon dont ils pensent que le climat va évoluer dans les dix ou trente ans qui viennent. Beaucoup d’entre eux ont répondu qu’ils ne seraient plus de ce monde dans trente ans et qu’ils ne se sentaient donc pas concernés.

Plus surprenant : il n’y a pas de grande différence dans les réponses entre les personnes qui ont des enfants et celles qui n’en ont pas. L’éthique intergénérationnelle – cette idée que nous travaillons pour nos enfants et petits-enfants – perd très nettement du terrain dans nos sociétés occidentales.

Les chefs d’État ne sont-ils pas à l’inverse mus par l’idée de la postérité ?

A. L. : Je crois que les hommes politiques sont mus avant tout par le pouvoir, par leur capacité à diriger un groupe d’êtres humains, pour le meilleur ou pour le pire. Des études psychologiques ont montré que les formes d’intelligence différaient d’un individu à l’autre.

Les hommes politiques disposent d’une grande capacité inter-individuelle : ils sont capables d’avoir une grande influence sur les autres, de les diriger et que ceux-ci acceptent d’être dirigés par eux. Toute leur psychologie est tournée vers le pouvoir. C’est cela qui les motive le plus, y compris dans la négociation climatique.

La relation entre climat et pouvoir a d’ailleurs un long passé ! Je vous rappelle que Zeus, le maître de l’univers, était le symbole du ciel, de son éclat mais aussi de ses pluies et de ses orages.

À quoi vous intéressez-vous pendant ces quinze jours de la COP21 ?

A. L. : Je m’intéresse à cette relation entre climat et pouvoir. Regarder si les responsables politiques vont être capables de penser à un niveau « global », de développer une pensée systémique, au-delà des seuls intérêts nationaux.

Ces réunions internationales, tout comme le travail passionnant réalisé au sein du Giec, m’inspirent une autre réflexion. Nous sommes des êtres biologiques animés par l’instinct de survie. Ce dynamisme, cet enthousiasme dans l’accumulation des connaissances autour du changement climatique me font penser à un sursaut de l’espèce humaine, qui se mobiliserait – dans une logique biologique – face à un risque d’extinction.

Je crois que ce sursaut peut être très bénéfique, à condition que l’homme ne mette pas toute sa confiance dans les technologies et qu’il développe une véritable éthique vis-à-vis des autres espèces et de la nature en général.

Recueilli par EMMANUELLE RÉJU

Bruxelles veut créer 6 000 jobs dans l’économie circulaire ! Jean-Christophe Delhaye

La Région lance un plan de onze millions d’euros pour « booster » ce type d’économie.

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Une entreprise chimique qui fournit son excédent d’eau déminéralisée à une autre, un magasin qui fait du « leasing » de vêtements pour enfants de 0 à 3 ans, une bière brassée à l’aide du pain invendu d’une enseigne de grande distribution ou encore une start-up qui va chercher du marc à café pour faire pousser des champignons… Les exemples d’économie circulaire ne manquent pas à Bruxelles. Economie circulaire, dites-vous ? « C’est la recherche de toutes les synergies possibles pour minimiser les richesses perdues », explique Didier Gosuin (FDF), le ministre bruxellois de l’Economie. Les déchets de l’un peuvent être des ressources pour l’autre. La vision idéale est que rien ne sort du circuit et que tout soit recyclé. »

Si ces initiatives restent assez isolées à Bruxelles, cela devrait changer bientôt. En compagnie de la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (CDH), l’élu FDF veut ainsi booster ce type d’échanges à Bruxelles. Un plan régional d’économie circulaire, baptisé Prec, va être lancé d’ici la fin de l’année. Il sera doté d’une enveloppe de 11,6 millions d’euros (provenant de différents postes dont des fonds européens) d’ici 2020. « On est sur un nouveau paradigme qui réconcilie économie et environnement, développe Céline Fremault, qui parle de rupture avec l’économie « linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) ». « Cette économie circulaire, on ne l’a pas découverte aujourd’hui, mais les crises offrent des opportunités de changement et on les saisit. »

« Pas un fantasme d’environnementaliste »

L’idée de ce plan est notamment de créer une plateforme mettant en contact les entreprises désirant des synergies. « Une entreprise peut, par exemple, être intéressée par les camions qui reviennent à vide après avoir déchargé des déchets d’une autre société », explique M. Gosuin. D’après le ministre, l’idée n’est pas de créer un ministère de l’économie circulaire ? « Ce n’est pas un fantasme d’environnementaliste en mal de projets. Il faut que cela entre dans les stratégies des entreprises et elles commencent à en voir les avantages. Une étude présentée au forum de Davos a montré le gain financier de l’économie circulaire et sa capacité à créer de l’emploi. La FEB plaide aussi pour ce type d’économie. »

En plus du budget alloué pour le plan, le ministre a une belle carotte à présenter aux entrepreneurs candidats à ce type de démarche. « Je compte revoir les mécanismes d’une partie de l’aide à l’expansion économique (NdlR : 25 millions d’euros en tout) en fonction de cette économie circulaire. Le restaurateur qui change de chaudière ne modifie pas son processus de production, mais celui qui crée un circuit court et local, oui. Il faut une vision globale et pas ponctuelle de l’environnement. On va encourager les entreprises qui ont cette logique globale. »

Un partenariat avec l’ONU

Les deux ministres sont convaincus : l’économie circulaire va créer de nouveaux marchés à Bruxelles et de nombreux emplois locaux. « On pense pouvoir créer autour de 5 000 à 6 000 emplois autour de cette économie circulaire d’ici la fin de la législature », poursuit Céline Fremault.

Reste que cette économie circulaire est déjà bien développée dans d’autres régions européennes. Bruxelles s’y prend-elle trop tard ? « L’économie de Bruxelles est essentiellement axée sur les services, donc le concept est moins évident à mettre en place », réplique la ministre CDH. On a aussi voulu faire les choses dans l’ordre. Nous avons d’abord demandé une étude sur le métabolisme urbain de Bruxelles, à savoir tout ce qui est produit, consommé et jeté dans la région. » La capitale belge produit, par exemple, 600 000 tonnes de déchets de construction par an, dont très peu sont actuellement recyclés. « On pousse aussi à l’éco-conception, c’est-à-dire l’idée d’intégrer l’environnement dès la conception d’un produit. Enfin, nous désirons aussi sensibiliser le citoyen à consommer autrement », conclut Céline Fremault.

A noter qu’un symposium international sur l’économie circulaire aura lieu ce vendredi à Bruxelles. La Région y signera notamment un partenariat avec l’Onu en matière d’environnement

Jean-Christophe Delhaye

Claude Rochet sur la ville intelligente ! (Jean-Christophe Delhaye)

 

Claude Rochet est professeur des universités à l’institut du management public et de la gouvernance territoriale d’Aix-en-Provence. Il est coauteur avec Michel Volle deL’intelligence Iconomique : Les nouveaux modèles d’affaires de la IIIe révolution industrielle, Louvain, De Boeck Université, 2015.

 

Sa conférence du 27 novembre pour l’Université réelle de Montpellier portait sur la « Ville intelligente : enfer au paradis ? La société au défi du numérique ».

Conférence Youtube partagée par Jean-Christophe Delhaye @JCDelhaye

 

 

Le recyclage des déchets nous transporte…Jean-Christophe Delhaye, Bruxelles

Le recyclage des déchets nous transporte

L’industrie automobile est très exigeante quant à la qualité des matériaux utilisés pour la construction des véhicules. Or, elle fait de plus en plus appel à la valorisation et au recyclage, démontrant ainsi les progrès accomplis dans ce domaine.Illustration avec le constructeur Renault.

JP-Hermine
Le recyclage des déchets nous transporte! Jean-Christophe Delhaye

Le recyclage des déchets nous transporte

3 questions à Jean-Philippe Hermine, directeur Stratégie et Plan environnement du groupe Renault et président de la filiale Renault Environnement

Que représente l’économie circulaire pour Renault ?
Renault est engagé depuis six ans dans une démarche pionnière d’économie circulaire. Le Groupe met en place des boucles de production pour faire des voitures en fin de vie de véritables gisements de matériaux qui serviront à produire de nouvelles voitures. Cela nécessite beaucoup de recherche et développement : il faut identifier et maîtriser les gisements à valoriser pour pouvoir nous alimenter en flux compatibles avec nos usages, élaborer des procédés de transformation qui donnent aux matériaux recyclés les mêmes qualités que les vierges, et voir comment appliquer ces matériaux à de nouveaux véhicules.
Nous avons travaillé, notamment, sur les matières métalliques – ce qui nous a permis de devenir autonomes en cuivre pour toutes nos fonderies européennes –, les platinoïdes utilisés pour fabriquer les pots catalytiques, et les plastiques, qui représentent aujourd’hui 12 % de la masse véhicule. Renault développe aussi ce qu’on appelle le remanufacturing, fondé sur la remise en état comme neuves de pièces récupérées sur des véhicules en réparation. Cette activité, portée par une usine dédiée qui emploie 300 personnes, se traduit chaque année par la construction de 15 000 moteurs et 15 000 boîtes de vitesses à partir d’anciens modèles.

Quels sont les enjeux de cette démarche pour votre Groupe ?
Ils sont à la fois écologiques et économiques. Notre objectif est de préserver l’environnement mais aussi d’améliorer notre compétitivité, notamment en nous affranchissant de la hausse des coûts des matières premières. L’économie circulaire crée de la valeur nouvelle : grâce au réemploi, par exemple, nous pouvons proposer des pièces de réparation qui bénéficient des mêmes garanties que les pièces neuves, mais qui coûtent de 50 à 80 % moins cher, ce qui fidélise nos clients. En outre, fabriquer ces pièces nécessite beaucoup moins d’eau et d’énergie.

Renault et SUEZ copilotent Indra, une entreprise de recyclage des véhicules hors d’usage : quel sens donnez-vous à ce partenariat ?
Les partenariats nous permettent d’agir concrètement pour faire progresser notre démarche d’économie circulaire et apporter des plus-values à la filière en conjuguant les expertises. Avec Indra, par exemple, nous avons associé les compétences de Renault et de SUEZ pour augmenter la part des plastiques recyclés issus des véhicules en fin de vie.
Notre objectif est d’atteindre un taux de valorisation de 95 %.

COP 21 Paris : 21 SOLUTIONS CONCRÈTES D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE! Jean-Christophe Delhaye Bruxelles

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L’énergie verte issue de 5kg de déchets ménagers fera pousser 1kg de tomates

 

Jean-Christophe Delhaye

Smart Cities : quand les villes vous épient ! Jean-Christophe Delhaye,Bruxelles

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Comment préserver sa vie privée dans des villes ultra-connectées et bardées de capteurs ? Un problème qui nécessitera un solide encadrement règlementaire.

Anusha Rahman, ministre des TIC pakistanais, s’est exprimée sur la scène du Smart City Congress de Barcelone, choisissant le très stratégique sujet des données personnelles.

« Plus grande est notre dépendance à l’égard de l’infrastructure numérique, plus grande est notre vulnérabilité », rappelait-elle alors, visant le système de surveillance biométrique indien de masse Aaadhaar, qui permet de lier des données personnelles à la fiche d’un citoyen, et de les partager et exploiter à qui mieux mieux.

Le problème réside en grande partie dans l’absence de règles portant sur le traitement des données collectées, explique Cities of the Future. Un panel d’experts du Smart City Congress a ainsi montré qu’aucun des exposants présents sur le salon n’a sécurisé son processus de collecte de données. Un seul prend en compte la problématique des données personnelles.

Exploitation de données hors contrôle

Et c’est sans compter sur le devenir des données recueillies. LinkNYC propose ainsi du Wi-Fi gratuit à New York, mais financé par une exploitation massive des données des utilisateurs se connectant à son réseau. Un phénomène classique avec les réseaux Wi-Fi ouverts.

L’arrivée des Smart Cities multiplie les capteurs, à un point tel qu’il est possible de retracer le parcours d’une personne, en recoupant les données renvoyées par ces capteurs, les bornes Wi-Fi et autres appareils connectés. « Ce ne sont pas vos données, vous savez ? » rappelle fort justement Cities of the Future.

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Crédit photo : © CristinaMurana – Shutterstock

Recueilli par Jean-Christophe Delhaye,Bruxelles
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