Comment Paris veut protéger les abeilles! Jean-Christophe Delhaye

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Les villes, avec leurs rues embouteillées mais aussi leurs jardinières bien garnies et leurs avenues bordées de platanes, constituent désormais une sorte d’eldorado paradoxal pour des abeilles. Elles sont en effet à la peine dans les campagnes où règnent de monotones et mortelles monocultures. Paris a décidé de prendre le parti de l’insecte emblématique en ratifiant, le samedi 20 juin, la charte « L’Abeille, sentinelle de l’environnement ».

Rédigé par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), ce texte stipule en substance que le signataire s’engage à proscrire produits toxiques, pesticides, OGM, à soutenir et faire connaître butineuse et apiculture. La signature aura lieu au Chai de Bercy, tandis que la dixième édition des Apidays, la fête des abeilles, battra son plein un peu partout en France, du 18 au 20 juin, avec des expositions, des dégustations de miel, des visites…

600 ruches dans la capitale

La capitale n’est pas peu fière de dévoiler son caractère « bee-friendly ». Elle estime abriter déjà environ 600 ruches, soit 4,6 au kilomètre carré, davantage que Berlin, son homologue verte qui ne dépasse pas les 3,3 au km2. Le premier rucher école, installé dans le jardin du Luxembourg, date de 1856. Il a fait des émules depuis : on compte une cinquantaine de colonies domestiques installées dans les bois de Vincennes et de Boulogne, huit dans les jardins du conseil régional. Il y en a d’autres sur les toits de l’Opéra, sur ceux de la mairie du quatrième arrondissement et du Crédit municipal dans le même quartier ; et puis dans le jardin Georges-Brassens, les parcs Monceau et Kellermann ; sur les terrasses de particuliers aussi, toutes recensées en principe par la préfecture de police. Même l’Ecole normale supérieure se targue de produire son miel – au moins partiellement récolté sur place.

Ce Paris qui bourdonne est appelé à prospérer. Pénélope Komitès (PS), adjointe à la mairie, chargée des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, annonce l’installation prochaine de nouvelles ruches. Elle nourrit surtout moult projets qui vont permettre de « renforcer la place de la nature à Paris ». Car il ne suffit pas d’offrir le gîte aux abeilles citadines, il faut aussi leur fournir de quoi butiner en quantité et en qualité.

20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2020

« Sur les 30 nouveaux hectares d’espaces verts promis durant ce mandat municipal, nous en avons réalisé 4,5 hectares, annonce Mme Komites. Nous nous sommes aussi engagés à planter 20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2020 dans les jardins de la ville, mais aussi dans les rues, les écoles, dont une bonne part de pommiers, de poiriers… » L’élue, qui reconnaît « se battre mètre carré par mètre carré », a l’ambition de rendre végétales des rues dans chaque arrondissement, avec des pavés enherbés notamment, ainsi qu’une centaine d’hectares de toitures et de façades du patrimoine de la ville et des organismes publics. Elle veut donner un coup d’accélérateur à l’agriculture urbaine et doit présenter au prochain conseil de Paris, fin juin, la création d’un permis autorisant les habitants à semer des graines aux pieds des arbres, des murs, bref à agrémenter de vert le domaine public.

« On va distribuer des graines, de la terre, promet-elle. Le secteur privé est intéressé aussi : cette saison, pour la première fois, 400 kilogrammes de fraises viennent d’être récoltés sur les toits des Galeries Lafayette. » Enfin, à part quelques restes limités d’intrants dans ses cimetières, Paris n’utilise pratiquement plus de pesticides et promet de privilégier les variétés de plantes mellifères. Tous ces efforts donnent donc lieu à la première fête des abeilles parisiennes dans plus d’une douzaine de sites.

Engouement pour l’apiculture

Cependant, d’autres collectivités avaient franchi le pas avant la capitale. Des municipalités comme Besançon, Blois, Montpellier, Clermont-Ferrand l’ont précédée depuis plusieurs années, tout comme la Principauté de Monaco. En Ile-de-France, le conseil régional, de nombreuses communes, Aéroports de Paris, le Château de Versailles se sont engagés à prendre soin des abeilles. Sur tout le territoire, on va célébrer les butineuses dans des centres commerciaux, des bases de loisirs, des aires de repos de Cofiroute, des bords de voies navigables, des vignobles, les magasins Botanic…

« On assiste à un engouement évident pour s’initier à l’apiculture. Ce n’est pas une mode, mais une lame de fond, » assure Henri Clément, porte-parole de l’UNAF. Chiffres à l’appui : après avoir chuté dans les années 2000, le nombre d’apiculteurs est remonté à environ 70 000, dont 2 000 professionnels. Ensemble, ils veillent sur près de 1,3 million de ruches. Mais la production de miel, elle, est en berne : environ 32 000 tonnes en 1995, 20 000 t en 2013, 10 000 t en 2014.

Lire aussi : Moins de miel, mais plus d’apiculteurs en France

« La question des abeilles ne se limite pas au miel, la diversité de ce que nous mangeons en dépend, affirme M. Clément. Les producteurs de graines de salade ou de carotte, par exemple, ont besoin des pollinisateurs pour la fécondation de leurs plants. Dire que 35 % des ressources alimentaires de la planète sont concernées, ce n’est pas un vain mot. Il reste beaucoup d’efforts à fournir pour que cette réalité soit bien comprise dans l’opinion publique. » En une journée, une colonie de 40 000 abeilles, dont 30 000 butineuses, peut visiter 21 millions de fleurs (700 par abeille), assure l’UNAF. Car pour cette organisation, les Apidays sont surtout l’occasion de délivrer de façon festive un insistant message d’alerte : il faut sauver l’insecte butineur.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2015/06/18/comment-paris-veut-proteger-les-abeilles_4656658_1652692.html#FmysajX4qyGS2Myu.99

Jean-Christophe Delhaye

Bruxelles veut créer 6 000 jobs dans l’économie circulaire! Jean-Christophe Delhaye

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La Région lance un plan de onze millions d’euros pour « booster » ce type d’économie.

Une entreprise chimique qui fournit son excédent d’eau déminéralisée à une autre, un magasin qui fait du « leasing » de vêtements pour enfants de 0 à 3 ans, une bière brassée à l’aide du pain invendu d’une enseigne de grande distribution ou encore une start-up qui va chercher du marc à café pour faire pousser des champignons… Les exemples d’économie circulaire ne manquent pas à Bruxelles. Economie circulaire, dites-vous ? « C’est la recherche de toutes les synergies possibles pour minimiser les richesses perdues », explique Didier Gosuin (FDF), le ministre bruxellois de l’Economie. Les déchets de l’un peuvent être des ressources pour l’autre. La vision idéale est que rien ne sort du circuit et que tout soit recyclé. »

Si ces initiatives restent assez isolées à Bruxelles, cela devrait changer bientôt. En compagnie de la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (CDH), l’élu FDF veut ainsi booster ce type d’échanges à Bruxelles. Un plan régional d’économie circulaire, baptisé Prec, va être lancé d’ici la fin de l’année. Il sera doté d’une enveloppe de 11,6 millions d’euros (provenant de différents postes dont des fonds européens) d’ici 2020. « On est sur un nouveau paradigme qui réconcilie économie et environnement, développe Céline Fremault, qui parle de rupture avec l’économie « linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) ». « Cette économie circulaire, on ne l’a pas découverte aujourd’hui, mais les crises offrent des opportunités de changement et on les saisit. »

« Pas un fantasme d’environnementaliste »

L’idée de ce plan est notamment de créer une plateforme mettant en contact les entreprises désirant des synergies. « Une entreprise peut, par exemple, être intéressée par les camions qui reviennent à vide après avoir déchargé des déchets d’une autre société », explique M. Gosuin. D’après le ministre, l’idée n’est pas de créer un ministère de l’économie circulaire ? « Ce n’est pas un fantasme d’environnementaliste en mal de projets. Il faut que cela entre dans les stratégies des entreprises et elles commencent à en voir les avantages. Une étude présentée au forum de Davos a montré le gain financier de l’économie circulaire et sa capacité à créer de l’emploi. La FEB plaide aussi pour ce type d’économie. »

En plus du budget alloué pour le plan, le ministre a une belle carotte à présenter aux entrepreneurs candidats à ce type de démarche. « Je compte revoir les mécanismes d’une partie de l’aide à l’expansion économique (NdlR : 25 millions d’euros en tout) en fonction de cette économie circulaire. Le restaurateur qui change de chaudière ne modifie pas son processus de production, mais celui qui crée un circuit court et local, oui. Il faut une vision globale et pas ponctuelle de l’environnement. On va encourager les entreprises qui ont cette logique globale. »

Un partenariat avec l’ONU

Les deux ministres sont convaincus : l’économie circulaire va créer de nouveaux marchés à Bruxelles et de nombreux emplois locaux. « On pense pouvoir créer autour de 5 000 à 6 000 emplois autour de cette économie circulaire d’ici la fin de la législature », poursuit Céline Fremault.

Reste que cette économie circulaire est déjà bien développée dans d’autres régions européennes. Bruxelles s’y prend-elle trop tard ? « L’économie de Bruxelles est essentiellement axée sur les services, donc le concept est moins évident à mettre en place », réplique la ministre CDH. On a aussi voulu faire les choses dans l’ordre. Nous avons d’abord demandé une étude sur le métabolisme urbain de Bruxelles, à savoir tout ce qui est produit, consommé et jeté dans la région. » La capitale belge produit, par exemple, 600 000 tonnes de déchets de construction par an, dont très peu sont actuellement recyclés. « On pousse aussi à l’éco-conception, c’est-à-dire l’idée d’intégrer l’environnement dès la conception d’un produit. Enfin, nous désirons aussi sensibiliser le citoyen à consommer autrement », conclut Céline Fremault.

A noter qu’un symposium international sur l’économie circulaire aura lieu ce vendredi à Bruxelles. La Région y signera notamment un partenariat avec l’Onu en matière d’environnement.

(Partagé par : Jean-Christophe Delhaye)

L’économie circulaire sort la tête des poubelles / Jean-Christophe Delhaye

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A l’occasion des deuxièmes assises de l’économie circulaire, les acteurs de la filière veulent aller au-delà du recyclage pour travailler sur la conception des produits ou encore la coopération des acteurs économiques.

Ces 17 et 18 juin se déroulent à Paris les deuxièmes assises de l’économie circulaire, organisées par l’Institut de l’économie circulaire et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les organisateurs considèrent que l’économie circulaire est de plus en plus connue. Outre son entrée dans le Larousse cette année, elle a surtout trouvé sa place au sein de « la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui lui consacre un article complet« , rappelle la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, qui n’a pas assisté à l’évènement mais y a fait lire un texte.

« La loi prévoit de revoir tous les cinq ans une stratégie pour orienter l’économie vers l’économie circulaire« , rappelle-t-elle. L’objectif est d’atteindre un taux de valorisation des déchets de 55 % en 2020 et 65 % en 2025. Elle rappelle en particulier la volonté de créer une filière française de déconstruction des bateaux de sport et plaisance pour atteindre 4 000 démantèlements par an, contre seulement 400 aujourd’hui. Elle rappelle aussi l’interdiction pour les magasins de jeter des denrées non périmées.

Pour les acteurs de la filière, la question est désormais de ne plus se limiter aux déchets. « Nous sortons le nez de la poubelle ; le recyclage n’est qu’un des axes de travail« , affirme Bruno Léchevin. Le président de l’Ademe appelle à mobiliser les milieux de l’industrie, de l’urbanisme et de l’agriculture autour de meilleurs comportement. Il croit fermement en une émulation, constatant que « l’attention pour l’économie circulaire croît à un moment où le prix des matières premières est en baisse en particulier dans l’énergie car tout le monde a conscience que le renchérissement est inéluctable. »

2 millions d’emplois

Pour François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’économie circulaire et député EELV des Bouches-du-Rhône, les acteurs économiques sont à la manœuvre. « Je suis impressionné par le nombre de start-up qui remettent en question notre modèle de consommation (NDLR : le modèle linéaire de la matière première au déchet), en s’appuyant souvent sur la révolution digitale. Il y a également beaucoup de grands groupes qui inscrivent l’économie circulaire au cœur de leur stratégie. » Des multinationales des déchets comme Suez Environnement ou Veolia s’engagent. Le secteur pourrait apporter à l’Europe un gain de 3% de PIB et créer 2 millions d’emplois, selon les calculs de la Commission.

Il reste du travail. « La mise en application est complexe car elle interroge nos modes de conception, de production et de consommation. Cela demande aux acteurs du cycle de se faire confiance. Quand deux entreprises échangent un flux de vapeur, il faut poser un tuyau et s’entendre sur un prix. Mais il faut aussi accepter une forme de dépendance. C’est difficile« , explique Bruno Léchevin. Dénonçant les « forces conservatrices » qui freinent la recherche de sobriété, le patron de l’Ademe appelle à ce que la « frugalité » soit un indicateur de performances de l’entreprise.

Ludovic Dupin

L’économie circulaire pourrait employer un million de personnes en France! Jean-Christophe Delhaye

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Une étude indique qu’une réduction substantielle de notre consommation en ressources naturelles permettrait de créer 200.000 à 400.000 emplois supplémentaires aux 600.000 actuels. Les régions se mobilisent pour lancer des projets de territoire.

Alors que la commission de l’environnement du Parlement européen a adopté aujourd’hui un rapport sur l’économie circulaire qui en appelleà l’introduction d’objectifs contraignants pour l’efficacité énergétique et la réduction des déchets à la source, une étude estime que le potentiel de création d’emplois de ce secteur n’en est qu’à ses débuts. Les produits plus durables, réutilisables et recyclables sont aussi ceux qui mobilisent plus de main d’oeuvre. Selon l’Institut de l’économie circulaire, qui a mené cette étude, ce sont près de 600 000 personnes en France qui travaillent déjà dans ce secteur.

Les emplois concernés relèvent de sept secteurs, répertoriés par l’Ademe comme étant constitutifs de l’économie circulaire : l’approvisionnement durable ; l’écoconception ; l’écologie industrielle et territoriale ; l’économie de fonctionnalité ; la consommation responsable ; l’allongement de la durée de vie des objets ; le recyclage et la valorisation des déchets. Si l’on raisonne par « piliers », l’économie circulaire repose principalement sur le recyclage, l’allongement de la durée de vie des produits et l’approvisionnement durable, qui, selon l’étude, couvre l’ensemble des activités de protection de l’environnement, de la gestion des eaux usées à la remédiation des sols, de la récupération d’objets usagés à la production d’énergies renouvelables.

Un vaste périmètre

L’état des lieux de l’emploi dans les autres composantes de l’économie circulaire est plus difficile à établir. Ainsi, selon l’Institut de l’économie circulaire, « l’économie de fonctionnalité, l’écoconception ou l’écologie industrielle, qui sont des disciplines étayées sur le plan académique, restent relativement peu étudiées à une échelle macroéconomique. De nombreux exemples montrent pourtant qu’un potentiel de création d’emplois important existe pour chacun de ces piliers ».

L’écoconception, qui vise à optimiser l’efficacité de l’utilisation de la matière dès la phase d’élaboration des produits, peut aussi bien être mise en oeuvre par les entreprises engagées dans les écoactivités que dans des entreprises traditionnelles. Elle permet notamment aux entreprises de limiter leur vulnérabilité aux variations de prix des matières premières tout en se positionnant comme un acteur durable auprès des consommateurs.

L’économie de fonctionnalité mise sur la vente de l’usage plutôt que du produit. « Elle est généralement fortement créatrice d’emplois », estime l’étude. Exemple : les solutions pour les pneus des poids lourds développées par Michelin vendues au kilométrage, la vente des impressions plutôt que des imprimantes par Ricoh.

Quant à l’écologie industrielle, dont l’objectif est d’optimiser les flux de matières entre entreprises, « il n’existe pas à ce jour en France d’évaluation macroéconomique des contributions des démarches d’écologie industrielle en termes d’emplois », mais certaines démarches sont prometteuses, comme celle de la SNCF, qui valorise les matériels roulants et les rails radiés. Selon les travaux de l’Ademe en 2011, le développement de projets d’écologie industrielle devrait permettre d’assurer la création de 1300 emplois supplémentaires en 2020.

Des emplois non délocalisables

C’est en compilant un ensemble de données produites par l’Ademe, le CGEDD et l’ONEMEV que l’Institut de l’économie circulaire est parvenu au chiffre de 600 000 emplois déjà créés dans le secteur. L’économie verte semble moins affectée par le chômage que le reste des secteurs. Ainsi le CGEDD calcule qu’une hausse à court terme de 5 millions de tonnes de déchets recyclés pourrait créer plus de 3000 emplois à temps plein. En revanche, l’automatisation des centres de tri pourrait supprimer jusqu’à 5000 emplois. Au final, le bilan est largement positif, tant en nombre qu’en termes de qualité des emplois créés, car ils ne sont pas délocalisables. De fait, la vente de l’usage plutôt que de l’objet implique une proximité des fournisseurs, qui assurent localement les prestations garantissant la réutilisation des objets.

Il en va de même pour l’écologie industrielle, qui « permet d’impulser de nouvelles filières locales » et de renforcer l’ancrage territorial des entreprises. Au final, l’étude souligne que l’économie circulaire s’adresse à un large éventail de compétences et de niveaux de qualification : « Les travailleurs les plus qualifiés ont un rôle majeur à jouer dans l’innovation et la conceptualisation de nouvelles boucles de production, tandis que des emplois de moindre qualification sont nécessaires pour entretenir les boucles de matières (collecte sélective, réparation, désassemblage et réassemblage, etc.).

Prochaines étapes

Il reste à lancer une vaste étude prospective transversale permettant d’affiner le potentiel de création d’emplois de l’économie circulaire, secteur en pleine émergence. Plusieurs études européennes ont été diffusées, en amont de la préparation d’une directive en attente, reportée par la Commission. L’étude European Bioplastics de 2014 estime par exemple qu’il est possible de créer 100 000 emplois dans le secteur d’ici 2017. Dans le même esprit, le European Compost Network juge que l’adoption du paquet économie circulaire aurait permis d’ajouter 100 000 emplois aux 50 000 déjà existant dans ce domaine en Europe.

Pour Grégory Giavarina, directeur de l’Institut d’économie circulaire, le secteur est en pleine montée en puissance, autour de « gros projets, tels que les filiales de recyclage des anciens compteurs de GRDF, en lien avec des acteurs territoriaux et des entreprises de l’économie sociale et solidaire ». En matière d’écologie industrielle, les perspectives vont se préciser dans quatre régions pilotes (Bretagne, Aquitaine, Haute Normandie, Rhône Alpes), mobilisant 600 entreprises, afin d’identifier leurs priorités et de mobiliser les acteurs.

Au Royaume-Uni, l’étude publiée en 2015 par Morgan et Mitchell estime qu’un scénario dit de transformation, sur la base d’un taux de recyclage global de 85%, d’un taux de récupération de 50% pour les produits électroniques et les équipements, et une extension importante du secteur du réemploi et de la réutilisation aboutirait à la création de 517 000 emplois d’ici à 2030. L’extrapolation de ce scénario à la France se solderait par 440 000 emplois.

Jean-Christophe Delhaye

Circular Economy , Recycle your Strategy ! Jean-Christophe Delhaye

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Waste is known as an unwanted resource. But is that fair? Perhaps it is simply in need of a creative movement, set to change perception about the way we use, deal, and think about our most common by-products.In this ‘take, make and throw away’ world, we’re constantly surrounded by stuff and things (and more things and more stuff). Quickly, easily, and without thinking, our casual collections become waste. Whether it be a finished coffee cup, an old phone or an unwanted gift from grandma, our waste runs so rampant in our everyday life, it’s now become invisible.

The circular economy, reuses and recycles materials, producing lit

By looking at the whole system, treating all materials as valuable, and shifting to new marketplace models that minimize the amount of resources needed in the first place, the circular economy is based on resource productivity and how we can get the most from what we use. Waste gets designed out of the system.

The Circular Economy is flipping waste on its head by presenting new ways to look at use of resources.In order to pursue and practice clean and sustainable development, India and Germany will collaborate to focus on circular economy and water management. The circular economy, which aims to eradicate waste by optimum utilization of raw material during manufacturing and recycling waste and discarded products, is fast catching the attention of governments globally.In a world of close to 9 billion people expected by 2030 – including 3 billion new middle-class consumers – the challenges of expanding resource supply to meet future demand are unprecedented.

The current “take-make-dispose” approach results in massive waste; in the fast-moving consumer goods sector alone, about 80% of the $3.2 trillion material value is lost irrecoverably each year.

Commodity prices rose overall by almost 150% in 2002-2010, erasing the real price declines of the last 100 years.

The circular economy, reuses and recycles materials, producing little waste.

Jean-Christophe Delhaye

The three biggest circular economy myths holding back businesses! Jean-Christophe Delhaye

You can decrease the input costs, create new revenue streams and keep customers on your books for longer.

All it takes is a little imagination

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The circular economy is gaining ground. The European Commission has announced it will present an ambitious circular economy strategy in late 2015, China has set up government-backed association CACE to encourage circular growth, and Japan has been practicing it for decades.

But progress towards a circular or even half-circular economy has been halting. Indeed, when I explain the premise of the circular economy to people, they are less stunned by the opportunity than by our collective disregard for it. Why? The power of inertia is important, of course, but I have also come across a number of myths on the subject. Here are the three most common ones.

Myth 1. Going circular will cannibalise existing sales

Traditional economics suggests that used cars compete with new cars. But this is only if car companies let others make the next sale. In the age of the internet the idea that secondary markets are somehow marginal cannot be sustained; the likes of online marketplace eBay prove otherwise. So, looked at in a circular way, the used-car market can become an additional profit centre for car manufacturers.

Another way to avoid cannibalisation is to sell refurbished items into markets that are otherwise unsuitable. Patagonia collects clothes and sells used items in countries where its new ones are not on the market; it has also created a new (albeit small) revenue stream in repairing its products. Renault, the French car maker, is investing in car remanufacturing, using the parts and materials of discarded cars again (and sometimes again).

This circular approach not only reduces resource consumption, but cuts H&M’s input costs. McKinsey has found that, as long as quality is maintained, refurbished systems can deliver substantially higher margins.

If companies begin to think of what goes out their doors as the possible start of another business cycle, new opportunities can reveal themselves. That is not alternative thinking, it is thinking like a business.

Myth 2. Our customers prefer new-built products

Certain people want the newest thing and will camp out for days to get it. But I believe a new consumer segment is emerging, made up of individuals who favour service over ownership.

Car-sharing is one example. Statistics show that young people in Germany and the US are not buying or driving cars the way their parents or even older siblings did; they are happy to pile into a Zipcar when they need to.

Besides, old versus new is a 20th century way of thinking anyway. It is more than possible to create high quality out of old stuff. Kingfisher’s Infinite brand kitchen counter is made entirely from wood waste and end-of-life DIY products. It is lighter than comparable products, more water resistant andre-uses materials that would otherwise have been dumped. And, for Kingfisher it has created a revenue stream from materials it previously paid to get rid of.

In many cases consumers don’t really care about the product one way or another; they just want to get a job done. Consider the humble drill. Outside professional craftsmen, the average drill is used just a few minutes a year. Taking a circular view, the drill can be provided as a service through leasing or lending, rather than as a product through purchase.

Myth 3. Setting up a circular business model is too complicated

It will not always be straightforward, but capitalising on service models is a strategic imperative that goes way beyond the circular economy. When companies and consumers are closely entwined, businesses can use circular thinking to deepen the relationship in a way that benefits both parties.

For example, mobile phone companies have an enormous amount of data on how customers use their devices. So they could offer to take the old phone back every year and tailortheir services to specific needs, such as offering more memory, or pay-by-the-minute options. The old phone can be mined for parts, or sold into the secondary market. Customers get new phones and better services; the company gets a steady flow of materials and a consumer that keeps coming back every year.

There may also be particular potential in business-to-business transactions. For example, many lighting manufacturers sell lamps and bulbs to an office building but, looked at through a circular lens, they could instead sell light. That is what Philips has begun to do. It owns the equipment and, because it is selling watts, not plugs, it has every incentive to provide light in the most efficient way. As the owner of the hardware, Philips can – with a secure flow of returned devices – then recycle or re-use the parts.

The way to think about it is simple: how can we keep consumers on our books, month in, month out? That is the kind of circularity business understands.

In literature, myths are stories that help explain a culture to itself. In business, myths can be excuses for inaction. These three myths hint that when it comes to the circular economy, it is not a logical narrative that is lacking, but the imagination to bring it to life.

(Jean-Christophe Delhaye)

Moving towards a circular economy! Jean-Christophe Delhaye (http://youtu.be/URLP6a6a_wA)

European Commission will present an ambitious circular economy strategy in late 2015

The Commission is aiming to present a new, more ambitious circular economy strategy late in 2015, to transform Europe into a more competitive resource-efficient economy, addressing a range of economic sectors, including waste.

The proposal will be fully aligned with the priorities of the new Commission. The Commission is engaged in a thorough reflection on how the objective of circular economy can be reached in an efficient way that is fully compatible with the jobs and growth agenda.

The new strategy will include a new legislative proposal on waste targets, taking into account the input already given to us during public consultations, and by Council and in Parliament, in particular the comments made by many that the previous proposals needed to be more country-specific.

More information: Circular economy roadmap

As part of the process, the Commission is launching a public consultation on the subject from the 28th May until the 20th August 2015.

CLOSING THE LOOP – Circular Economy: boosting business, reducing waste

The Commission is organising a Circular Economy Conference in Brussels on 25 June 2015. The conference is open to all stakeholders wishing to contribute in shaping the European economy policy making. It will consist of a plenary session with keynote from circular economy experts and business and civil society representatives, followed by a series of split up sessions addressing specific aspects of the circular economy, and it will be closed by a panel.

Please note that attendance is free but registration is required. More details are available on the Registration website or you can contact the event mail box:GROW-ENV-CIRCULAR-ECONOMY-CONFERENCE-2015@ec.europa.eu

What is a circular economy?

Since the industrial revolution, waste has constantly grown. This is because our economies have used a “take-make-consume and dispose” pattern of growth – a linear model which assumes that resources are abundant, available and cheap to dispose of.

What we need is a more circular economy.  This means re-using, repairing, refurbishing and recycling existing materials and products. What used to be regarded as ‘waste’ can be turned into a resource. The aim is to look beyond waste and to close the loop of the circular economy. All resources need to be managed more efficiently throughout their life cycle.

Using resources more efficiently will also bring new growth and job opportunities. Better eco-design, waste prevention and reuse can bring net savings for EU businesses of up to EUR 600 billion, while also reducing total annual greenhouse gas emissions. Additional measures to increase resource productivity by 30% by 2030 could boost GDP by nearly 1%, while creating 2 million additional jobs.

Moving towards a circular economy is at the heart of the resource efficiency agenda established under the Europe 2020 Strategy for smart, sustainable and inclusive growth. The main ideas on how to do more with less are being taken further in the EU’s Environment Action Programme to 2020.

(Jean-Christophe Delhaye)